Les méthodes d’imagerie UV-Vis-IR ou RX offrent la possibilité de regarder sous la surface de l’œuvre pour retrouver de nombreuses traces qui sont issues des procédés employés pour sa création ou qui correspondent à des étapes importantes de son histoire.
Elles permettent d’aborder des détails au niveau des signatures, marques d’inventaire et autres inscriptions. L’imagerie peut révéler les gestes du modelage, de la fonte des bronzes, et du moulage. Enfin, l’imagerie peut permettre de retrouver les étapes de création de la peinture : dessin sous-jacent, repentirs, …

imagerie Photo CARAA ©

Les méthodes d’imagerie

L’observation optique correspond au premier examen pratiqué. Il est le moyen d’expertise fondamental et le plus évidents des examens visuels. On distingue les examens macroscopiques (à l’œil nu) des examens microscopiques (à l’aide d’un microscope).

En fonction de l’angle d’éclairage (microscopiquement ou macroscopiquement), lumière directe ou rasante, on peut obtenir différent types d’informations. Ex : pour un tableau l’état de soulèvement de la couche picturale.

Outre les examens optiques, les examens par imagerie de rayonnement, n’entrent en jeu que lorsqu’il est nécessaire de compléter l’observation optique, ou que l’on soupçonne la présence d’informations importantes, invisibles autrement. L’analyse optique ne fait pas toujours toute la lumière sur l’authenticité, ou l’histoire matérielle de l’œuvre.

Sommairement, trois types de rayonnements sont utilisés (La gamme spectral peut être plus complexe avec l’imagerie multispectrale):

* les ultraviolets (UV)

* les infrarouges (IR)

* les rayons X (RX)

Chacun de ces rayonnement pénètre l’œuvre à une profondeur croissante et livre ainsi des informations complémentaires. Ce schéma permet de visualiser la pénétration de chaque rayonnement. Les ultraviolets (UV) s’arrêtent au vernis et à la couche superficielle ; les infrarouges (IR) pénètrent jusqu’à la couche de préparation, sur laquelle se trouve le dessin préparatoire, et les rayons X (X-ray), très énergétiques, pénètrent plus ou moins l’objet étudié en fonction des éléments chimiques qui le constituent et de son épaisseur.

Ces examens comme on va le voir , vont permettre de révéler des informations cachées sous la couche picturale (repentis ou peinture préexistante), des fractures cachées dans les objets anciens recollés, des structures internes de sculptures, etc.

Ces techniques seront également d’un grand secours au restaurateur, par exemple pour visualiser les surfaces d’origines de métaux sous une épaisse couche d’altération, ou les zones restaurée d’un tableau.

Enfin, dans le cas d’objets volumineux ou ayant des structures tridimensionnelles complexes, on peut avoir recours à la tomographie (CT scan). Cette technique consiste à radiographier l’œuvre en 3 dimensions. Grâce à des logiciels de traitement de données, il est ensuite possible de reconstruire l’objet de manière virtuelle.